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Disparition d’enfant : 1 français sur 10 y aurait été confronté

17/09/2026

Le 116 000 Enfants Disparus, numéro d’urgence dédié aux disparitions de mineurs, dévoile les résultats de son sondage inédit mené avec l’institut Cluster17. Parmi les principaux enseignements de cette enquête : 8% des français auraient été confrontés à la disparition d’un enfant mais la sensibilisation reste très insuffisante.

Près d’un français sur 10 a été confronté à la disparition d’un enfant au cours de sa vie. Un chiffre important, qui fait écho aux 40 000 disparitions de mineurs signalées chaque année sur le territoire national. Pour faire face à cette épreuve, un numéro d’urgence existe : le 116 000. Sa mission est de soutenir et accompagner les parents durant la disparition qu’il s’agisse d’une fugue, d’une disparition inquiétante ou d’un enlèvement parental. Pourtant, seuls 3% des sondés s’étant trouvé dans cette situation ont eu recours à l’aide du numéro d’urgence. En effet, 88% d’entre eux affirment qu’ils ne connaissaient pas son existence et n’ont donc pu profiter de ce soutien qu’ils reconnaissent pourtant comme essentiel : 91% des répondants estiment que l’existence d’un tel numéro d’urgence est utile.

A l’échelle nationale, seuls 7% des français connaissent le numéro d’urgence 116 000. Un manque de notoriété qui conduit de nombreux parents confrontés à la disparition d’un enfant à se priver de ce soutien. De plus, ses missions sont souvent mal identifiées : 46% pensent qu’il faut l’appeler pour signaler une disparition et 33% pour déclencher une alerte enlèvement. Deux actions qui relèvent pourtant de la compétence des services du Ministère de l’Intérieur.

Ce manque de sensibilisation semble dépasser la seule question du numéro d’urgence. En effet, 65% des français estiment que les jeunes et les parents ne sont pas assez sensibilisés aux disparitions de mineurs. Un sentiment confirmé par la méconnaissance des français concernant l’ampleur des disparitions : seuls 4% savent estimer leur volume annuel. En France, plus de 40 000 signalements ont lieu chaque année comme le révèle le 116 000 Enfants Disparus dans son rapport sur les disparitions de mineurs. Plus inquiétant encore, de fausses idées persistent concernant la marche à suivre lorsqu’un mineur disparaît. Ainsi, 1 français sur 4 ignore que celle-ci doit-être signalée immédiatement auprès des policiers et gendarmes et 17% pensent qu’il faut attendre au moins 24h pour pouvoir le faire. Un délai particulièrement regrettable alors que les premières heures sont souvent les plus décisives pour retrouver rapidement un enfant et éviter qu’il ne se mette en danger. Enfin, l’Alerte Enlèvement est un dispositif bien identifié mais dont les ressorts sont souvent mal compris : 3 français sur 4 affirment qu’elle peut être déclenchée pour toute disparition de mineur et 30% pensent qu’il est possible d’y recourir pour la disparition d’un adulte.

Dernier enseignement de cette enquête : la sous-estimation des dangers liés à la fugue. En effet, à peine 1 français sur 2 estime qu’un mineur en fugue est un mineur disparu. Pourtant, une fugue est bien considérée comme une disparition et ces dernières représentent la très grande majorité des signalements (95%). Surtout, la même proportion de français estime qu’un départ volontaire de l’enfant est incompatible avec la qualification de « disparition inquiétante », permettant l’emploi de moyens d’enquête supplémentaire. Cette classification réalisée par les services de police au moment de la disparition peut pourtant parfaitement s’appliquer à une fugue. En effet, les critères retenus portent sur l’âge du mineur, son état de santé mental et physique ou encore la présence de tierces personnes à ses côtés pouvant représenter un danger. En ce sens, le 116 000 Enfants Disparus rappelle que la fugue est un espace de mise en danger devant être considéré dans toute sa gravité. Durant son errance, l’enfant s’expose à de nombreux risques et se trouve particulièrement vulnérable.

Face à ce constat, la fondation Droit d'Enfance, qui coordonne et gère le numéro 116 000 en France, appelle au renforcement des actions de sensibilisation auprès du grand public afin que chaque parent, proche ou professionnel sache vers qui se tourner lorsqu'un enfant disparaît. Une meilleure connaissance du 116 000 et des réflexes à adopter constitue un enjeu majeur pour améliorer la prise en charge des familles concernées et mieux protéger les enfants.