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Disparitions d’enfants : des signalements en hausse de 6,4% en 2025
25/05/2026
En 2025, 40 953 disparitions de mineurs ont été signalées en France auprès des policiers et gendarmes : près de 112 enfants par jour. Ces chiffres du Ministère de l’Intérieur indiquent une hausse de plus de 6% en un an qui vient rompre la tendance à la baisse observée depuis 2021. A l’occasion de la Journée Internationale des Enfants Disparus, le numéro d’urgence 116 000 dévoile une analyse détaillée de ces chiffres dans son rapport annuel sur les disparitions de mineurs en France.
La recrudescence des disparitions observée en 2025 est principalement liée à l’augmentation du nombre de fugues avec 38 706 signalements (+6,2%). Plus préoccupant, les disparitions inquiétantes progressent de 18,6% avec 1 629 signalements, confirmant une tendance déjà visible depuis trois ans. Les enlèvements parentaux, dont près de la moitié concerne un départ vers l’étranger, sont les seuls à régresser avec 618 signalements (-7,1%). Un chiffre qui peut néanmoins être relativisé étant donné la grande difficulté que rencontrent encore certaines victimes pour signaler ces disparitions lorsque l’enlèvement a été réalisé par l’autre parent.
Disparitions inquiétantes : une progression préoccupante
En France, toute disparition de mineur est présumée inquiétante. Toutefois, le qualificatif de « disparition inquiétante » est utilisé pour désigner les situations où l’intégrité ou la sécurité de l’enfant apparaît menacée. Emprise de tiers, troubles psychiques, idées suicidaires... les facteurs de vulnérabilité se multiplient pour des enfants de plus en plus jeunes. En effet, les disparitions inquiétantes concernent pour la première fois majoritairement des mineurs de moins de quinze ans. Chez les jeunes filles, l’exploitation sexuelle constitue un risque majeur : elle est présumée ou avérée dans près d’un tiers des dossiers les concernant.
Des fugues de plus en plus longues concernant de jeunes enfants
Les fugues continuent à représenter 95% des disparitions signalées. Près de 38% d’entre elles concernent des mineurs de moins de 15 ans, un chiffre stable par rapport à l’année passée mais en augmentation constante depuis 2020 (+3,8%). Selon les données du 116 000, près d’un tiers des départs en fugue sont liés à l’influence d’un tiers. Les chargés de dossiers alertent également à propos d’idées reçues persistantes. En effet, de nombreux parents et professionnels continuent à penser qu’il est nécessaire d’attendre 24 heures ou 48 heures avant de signaler une fugue, alors que la déclaration doit être effectuée sans délai auprès de la police ou de la gendarmerie. Un retard d’autant plus regrettable que les premières heures sont cruciales pour retrouver un enfant.
Numéro d’urgence 116 000 : des appels en hausse
Conséquence directe de la hausse des signalements : le nombre d’appels au 116 000 Enfants Disparus a nettement progressé (+18,2%) ainsi que le nombre de dossiers ouverts par la cellule de suivi (+6,6%). Comme à l’échelle nationale, les dossiers concernant des fugues (+36,7%) et des disparitions inquiétantes (+17,3%) sont en nette progression.
Pour protéger les enfants et mieux accompagner les familles, le 116 000 Enfants Disparus plaide en faveur d’une campagne nationale de sensibilisation et formule plusieurs propositions à destination des pouvoirs publics. Celles-ci sont détaillées dans son rapport 2025 sur les disparitions de mineurs en France dont la majeure partie est consacrée cette année à la thématique des disparitions inquiétantes.
Sarah El Haïry, Haute-Commissaire à l’Enfance :
« En France, ce sont désormais 112 enfants qui disparaissent chaque jour. Ce chiffre est un véritable signal d’alarme et devrait tous nous empêcher de détourner le regard. Derrière ces statistiques, il y a des familles plongées dans l’angoisse, des enfants en situation de grande vulnérabilité et, trop souvent, des risques majeurs d’emprise, d’exploitation ou de violences. La hausse particulièrement préoccupante des disparitions inquiétantes de mineurs de moins de 15 ans nous oblige collectivement. Une fugue n’est jamais un simple « caprice d’adolescent ». Elle n’est jamais anodine mais peut au contraire révéler une souffrance profonde, une mise en danger ou l’influence d’un tiers. Nous devons mieux prévenir, mieux repérer les signaux faibles et rappeler avec force qu’il ne faut jamais attendre pour signaler la disparition d’un enfant. Les premières heures sont essentielles. Face à cette réalité, la mobilisation des pouvoirs publics, des professionnels de l’enfance, des forces de l’ordre et de toute la société est indispensable pour protéger les enfants et accompagner les familles. Je salue le travail des équipes et j’appelle à faire du 116 000 un réflexe, un véritable numéro à connaître. »

