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Actualités

5 questions à Pauline Lefur, psychologue au 116 000 Enfants Disparus

21.01.2020

Nous sommes avec Pauline LEFUR, psychologue au 116 000 Enfants Disparus, le numéro d’urgence européen en cas de disparition d’enfant(s).


 

Bonjour Pauline, peux-tu nous expliquer ton rôle au 116 000 Enfants Disparus ?

Pauline Lefur : Mon rôle, et plus largement le rôle de tous les écoutants du 116 000, est d’accompagner des familles confrontées à la disparition de leur enfant. Que ce soit dans le cadre d’une fugue, d’un enlèvement parental ou d’une disparition dite inquiétante. Dès que le signalement a été effectué auprès des services de police et/ou de gendarmerie, j’interviens auprès des parents pour les soutenir psychologiquement jusqu’au retour de leur enfant.

Cela veut-il dire qu’un accompagnement psychologique est effectué à chaque fois qu’une famille contacte le numéro d’urgence 116 000 ?

PL : Non toutes les familles ne sont pas nécessairement en demande d’un suivi psychologique. Je travaille au sein d’une équipe pluridisciplinaire composée de juristes et travailleurs sociaux. En fonction de la situation, les parents peuvent être en attente d’un suivi d’ordre juridique ou psychologique, ou bien les deux. Cette demande peut bien évidemment évoluer au fil du temps et de l’évolution de l’enquête. Il se peut qu’une famille ait besoin d’être accompagnée psychologiquement des mois après les premiers échanges avec nos juristes et travailleurs sociaux. Par exemple lorsque toutes les procédures juridiques sont engagées et que le parent est dans l’attente.

Justement, comment aides-tu concrètement les familles à faire face à ces disparitions ? Quels conseils peut-on leur apporter ?

PL : De manière générale, c’est accueillir leurs inquiétudes et leurs craintes pour les aider à éclairer une situation. Si l’on prend le cas d’une fugue, les parents ont souvent besoin qu’on les aide à prendre le recul nécessaire pour interpréter l’acte et comprendre ce qui se cache derrière. Que s’est-il passé ? Pourquoi est-il passé à l’acte ? C’est un vrai travail d’exploration du contexte familial. L’objectif est de les accueillir avec leurs émotions, d’échanger et de réfléchir avec eux pour trouver des réponses. Nos équipes ont pour mission d’écouter et soutenir les familles d’enfant(s) disparu(s). Nous intervenons auprès des familles dans le cadre de fugues, d’enlèvements parentaux en France ou à l’étranger, de disparitions inquiétantes de mineurs et de jeunes majeurs (de moins de 25 ans)

Comment ces temps d’échanges et de réflexion sont-ils orientés ? Accompagne-t-on de la même manière une famille victime d’une fugue, d’un enlèvement parental ou d’une disparition inquiétante ?

PL : Il existe en effet des spécificités en fonction des situations. Dans le cas d’une fugue, nous allons particulièrement échanger sur l’histoire de l’enfant, les raisons supposées de sa fugue, les relations entre les parents et l’adolescent et sur le contexte familial dans lequel il est parti. Il faut également préparer avec les parents le retour de l’adolescent dans sa famille, notamment pour éviter une nouvelle fugue. Dans le cas d’un enlèvement parental, il s’agit de comprendre les raisons qui ont poussé l’autre parent à partir avec son enfant, le contexte conjugal, puis accompagner le parent dans ce qu’il peut ressentir quant à l’absence de son enfant auprès de lui.

En complément de cet accompagnement tu animes des groupes de paroles, peux-tu nous en dire plus ?

PL : Oui, ces groupes de paroles ouverts ont été créés pour venir en aide à des parents victimes d’enlèvement parental (en France ou à l’étranger). Ce dispositif intervient en complément de l’accompagnement effectué par téléphone. Ici l’objectif est de permettre à ces derniers de pouvoir déposer librement ce qu’ils vivent et ce qu’ils ressentent. Bien souvent ces personnes sont confrontées à un sentiment de solitude, ne se sentent pas forcément entendues autour d’elles et sont embarquées dans des procédures judiciaires qui peuvent parfois être très longues. Cette énergie de groupe peut leur permettre de se sentir écoutés, compris et de réfléchir ensuite à chacune de leur situation pour mieux préparer derrière un retour éventuel de l’enfant. Ce temps peut être investi pour parler d’une pluralité de sujets, la douleur d’être séparé de son enfant, ce que l’on imagine de l’enfant, une incompréhension face à certaines décisions juridiques, l’appréhension des retrouvailles… les thématiques abordées ne sont vraiment pas figées, elles évoluent naturellement au fil de l’avancée des situations. C’est aussi pour cette raison que nous avons décidé de créer un groupe qui soit ouvert, c’est-à-dire que chacun est libre de venir quand il le souhaite, une seule fois, ou une fois sur deux par exemple. Car les situations évoluent en fonction des procédures. Certains sont aussi amenés à se déplacer à l’étranger. Et d’autres retrouvent pour notre plus grand bonheur leur(s) enfant(s).

Merci Pauline. Et à très bientôt pour de nouvelles interviews avec les membres de la cellule de suivi du 116 000 Enfants Disparus.

Le 116 000 est le numéro d’urgence gratuit accessible 24h/24 et 7j/7 en cas de disparition d’enfant. Nos équipes ont pour mission d’écouter et soutenir les familles d’enfant(s) disparu(s). Nous intervenons auprès des familles dans le cadre de fugues, d’enlèvements parentaux en France ou à l’étranger, de disparitions inquiétantes de mineurs et de jeunes majeurs (de moins de 25 ans). Ce dispositif est coordonné et géré par Droit d’Enfance.